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Stéphane Robert : « quand on va jouer dans des pays un peu pauvres, ça fait un choc »

Stéphane Robert : « quand on va jouer dans des pays un peu pauvres, ça fait un choc »

Stéphane Robert à l'Open d'Australie (Crédit Reuters)
Stéphane Robert à l’Open d’Australie (Crédit Reuters).

Stéphane Robert est un personnage atypique sur le circuit. Le joueur de 34 ans, qui n’a pas la langue dans sa poche, ne jure que par le plaisir et il essaye, dans la mesure du possible, d’effectuer sa programmation de tournois en fonction des endroits qu’il ne connaît pas. Après sa défaite au premier tour de Roland Garros contre le géant Sud-africain Kevin Anderson, le Français a accepté de nous accorder une interview.

“Tu dis tout le temps que tu ne joues que pour le plaisir mais il y a quand même énormément de travail derrière.

Oui, mais l’un n’empêche pas l’autre. Je m’entraîne pour bien jouer et avoir la chance de me faire plaisir. Bien sûr qu’il y a du travail derrière mais le but du jeu c’est d’arriver à être performant.

Mais par rapport aux autres joueurs, tu penses être un OVNI, tu penses qu’il travaille plus que toi ou tu penses avoir le même niveau d’investissement ?

Je n’en sais rien. Je pense que je suis un bon joueur de tennis et que je suis à leur niveau. Après, je ne suis peut-être pas celui qui s’entraîne le plus mais j’essaye d’être efficace. J’ai 34 ans, je ne peux plus m’entraîner comme j’aurais pu le faire il y a dix ans. Maintenant, je gère tout ça et je le fais, a priori, assez bien et je suis content. Après, bien sûr qu’il y en a qui s’entraînent beaucoup mais chacun est là pour trouver sa recette et faire ce qui lui convient pour jouer le mieux possible.

Donc, au final, penses-tu être le joueur qui profite le plus du circuit, qui prend le plus de plaisir ?

Non, je ne place pas en comparaison des autres. Je fais ce qu’il me plaît et c’est surtout ça le plus important. Moi, je m’amuse bien, je profite de tout ce que je fais ici. Après, il y en a d’autres qui profitent autrement. Il faut de tout pour faire un monde.

Une fois que le tournoi est terminé, en profites-tu pour faire un peu de tourisme, aller à la rencontre des gens ?

Quand c’est possible, oui. Là, je l’ai fait un petit peu à Rome. Ça dépend de mes réservations. Paris, je connais un petit peu. Maintenant, je vais en profiter pour éventuellement faire un petit tour dans les endroits que je ne connais pas. Quoiqu’il arrive, je suis toujours en train de voyager. Que je joue ou pas, ça ne change pas grand-chose.

J’ai toujours la chance découvrir des tournois. Cette année, j’ai fait Indian Wells que je n’avais jamais fait. Je découvre des tournois. Après, il y a peut-être un moment où il y a une routine qui s’installe quand on revient chaque année donc on peut changer un petit peu les programmes. C’est sûr que revenir à Indian Wells pendant dix ans, c’est un peu la routine mais, pour l’instant, je n’en suis pas encore là donc j’ai encore pas mal de choses à faire.

Tu as pas mal bourlingué sur les tournois Challenger, as-tu des anecdotes à raconter ?

J’ai fait 12 ans de circuit. Il s’en passe des choses mais, immédiatement, je n’ai rien en mémoire. Quand on va jouer dans des pays un peu pauvres comme en Ouzbékistan ou des endroits comme ça, ça fait un choc car on voit la pauvreté de très près et nous on va jouer au tennis donc ce n’est pas facile de voir ça. C’est triste.

En profites-tu pour faire des actions dans ces cas-là ou te concentres-tu vraiment sur tes tournois ?

Moi, je suis là pour me concentrer sur les tournois. Après, je me souviens en Ouzbékistan avoir donné un peu d’argent à des gens qui faisaient la manche et c’est assez impressionnant de voir le niveau de pauvreté. Ce n’est pas facile à accepter mais c’est la vie et on ne peut pas faire grand-chose par rapport à tout ça.

Tu as 34 ans, tu es quasiment à ton meilleur classement (74e. Il a été 61e en 2010), comment envisages-tu le futur ?

J’envisage les tournois assez tranquillement. Je joue bien. Le plus important pour moi, c’est de ne pas être blessé. Tout va bien, je m’amuse bien et en plus je fais une super saison donc j’espère que je vais pouvoir continuer comme ça mais je n’ai pas réellement d’objectifs.

Certains joueurs stoppent totalement la compétition à la fin de leur carrière, d’autres continuent sur les tournois français, jouent le « crit » par exemple. Que penses-tu faire ?

Je ne sais pas du tout. Je ne sais pas trop quel intérêt j’aurais à aller jouer le criterium (Championnat de France deuxième série). Je n’ai pas grand-chose à prouver. Aller battre des joueurs à -30 ou promotion, ça ne m’intéresse pas. Une fois que j’aurais arrêté la compétition, j’irai peut-être m’aligner sur des tournois français mais j’espère jouer encore le plus longtemps possible sur le circuit. Je joue saison par saison. Je sais déjà que je jouerai en 2015 et en fonction de cette saison, je verrai en 2016.”

Bonus : Stéphane Robert et l’histoire de la barque après sa défaite contre Gulbis à Rome.


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