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Pierre-Hugues Herbert : « Si Federer et Wawrinka faisaient le double, ils seraient n°1 mondiaux. »

Pierre-Hugues Herbert : « Si Federer et Wawrinka faisaient le double, ils seraient n°1 mondiaux. »

Pierre-Hugues Herbert lors de sa victoire à l'US Open 2015 avec Nicolas Mahut (DR).
Pierre-Hugues Herbert lors de sa victoire à l’US Open 2015 avec Nicolas Mahut (DR).

Finaliste de l’Open d’Australie, vainqueur au Queen’s et surtout à l’US Open avec son partenaire Nicolas Mahut, Pierre-Hugues Herbert a participé pour la première fois de sa carrière en 2015 au Masters en double. La paire française, 6e mondiale, a tout donné mais elle n’a pas franchi la phase de poules.

Une semaine avant le tournoi, au Masters 1000 de Paris, Tennis Legend avait rencontré P2H pour parler double. Entretien avec un Maître de la discipline.

“Le double est spectaculaire, il y a souvent des points de mutant. Trouves-tu cette discipline sous-médiatisée ?

C’est sûr, le double est un beau spectacle. Il se passe plein de trucs, ça part un peu dans tous les sens. Effectivement, c’est un peu sous-médiatisé. C’est une discipline à côté du simple mais on voit très bien que les stades sont pleins quand les meilleurs joueurs de simple font le double.

Quelle est l’équipe de double la plus impressionnante et pourquoi ?

Il y a une équipe de double qui m’a énormément impressionné pendant la finale de la Coupe Davis, c’est Federer-Wawrinka. Ils ont un potentiel ensemble assez incroyable. Ensuite, les Bryan bien sûr. J’ai l’impression que ça fait vingt ans qu’ils sont n°1 mondiaux. Là, ils viennent de se faire détrôner pour la première fois depuis très longtemps. (NDLR : Par Tecau/Rojer à la race et par Marcelo Melo au classement classique)

Les Bryan ont quoi de plus que les autres ?

Déjà, ils ont une certaine prestance sur le terrain, ils ont une classe, ils ont une façon de jouer hyper spectaculaire. Ce sont des showmen et, en plus de ça, ils gagnent la plupart des tournois qu’ils font.

Tu as 24 ans, tu es encore jeune mais est-ce que tu aimerais faire une carrière à la Leander Paes ou Daniel Nestor, qui jouent encore sur le circuit de double à 42/43 ans ?

Pas du tout. Ce n’est pas mon objectif. Effectivement, cette année, le double a mieux marché que le simple mais j’ai des gros objectifs en simple et, ce que j’ai réalisé en double, j’aimerais le faire en simple.

“Quand j’ai gagné ma première victoire en ATP 500 à Tokyo, je n’avais jamais joué avec ce joueur avant.”

Quels sont les ingrédients pour former une bonne paire de double ?

Je pense qu’il faut déjà deux joueurs qui sachent bien jouer le double, qui aient de bons réflexes. Ensuite, je pense qu’il faut deux joueurs qui s’entendent, qui arrivent à comprendre l’autre, à être humbles, à être soudés pour jouer ensemble.

Tu as un nouveau partenaire, combien de temps faut-il pour avoir des automatismes bien huilés ?

Ça dépend un peu de tout le monde. Il y a des joueurs où ça va marcher directement. Il y a d’autres joueurs où il va falloir énormément de travail. Pour en arriver à un point où il y a des automatismes directs au niveau des positionnements, il faut un certain temps. Après, dès fois, il y a des belles histoires. Quand j’ai gagné ma première victoire en ATP 500 à Tokyo, je n’avais jamais joué avec ce joueur avant (Michal Przysiezny en 2014).

Un peu de double avec les meilleurs moments de la finale de l’US Open 2015 :

Si les meilleurs joueurs de simple faisaient le double, occuperaient-ils également, selon toi, les premières places du classement ?

Je pense que les joueurs de simple ont un potentiel pour être très bon en double. Donc oui, je pense que si les meilleurs joueurs faisaient le circuit à l’année, ils seraient devant.

Tout à l’heure, tu évoquais la paire Federer/Wawrinka. S’ils faisaient le circuit de double toute l’année, tu penses qu’ils seraient n°1 mondiaux ?

Oui, je pense. C’est une équipe qui joue très bien. Le problème, et c’est pour ça qu’ils ne le jouent pas, c’est très fatigant d’enchaîner simple et double. Allier les deux, ce n’est vraiment pas évident, ça pompe du jus.

“Je pense que c’est quasiment impossible de gagner Wimbledon en simple et en double”

Est-ce possible, comme John McEnroe à l’époque, d’être au top en simple et en double aujourd’hui ? Le joueur le mieux classé actuellement dans les deux disciplines est Fabio Fognini, 21e en simple et 5e en double (à la race avec Simone Bolelli).

Je pense que sur certains tournois, jouer le double met un peu en porte-à-faux les résultats du simple si on va loin dans les deux tableaux, surtout en Grand Chelem. Quand on sait que les matches sont en cinq sets, ça commence à être compliqué. Par exemple, Wimbledon, je pense que c’est quasiment impossible de gagner simple et double à part si tu es vraiment au-dessus, si tu arrives à passer certains jours en jouant à 60/70%, ce qui n’est plus le cas maintenant sur le circuit. Aujourd’hui, sur un match, si tu n’es pas au top, tu peux perdre contre n’importe qui.

En simple, les joueurs ont souvent du mal à désigner le meilleur volleyeur du circuit. En double, quelle est la paire la plus forte au filet ?

Je pense que les Bryan sont quand même pas mauvais à la volée. Après, en simple, je pense que Nicolas (Mahut) est un très très bon volleyeur. Aujourd’hui, le problème, quasiment tout le monde sait volleyer et on a du mal à trouver un joueur en particulier.

“Dans le monde du double, on peut être très fort en ayant une grosse lacune.”

Tu es présent sur les deux circuits. Quelles sont les différences majeures entre le simple et le double ?

Personnellement, je trouve que ce n’est déjà pas le même sport. Cela va beaucoup plus vite en double avec parfois le no-ad, les super tie-breaks. Ensuite, dans le monde du double, on peut être très fort en ayant une grosse lacune. On peut arriver à être fort en ne sachant quasiment pas faire un coup droit lifté. Je vais prendre l’exemple du frère Murray (Jamie), c’est quelqu’un qui va avoir énormément de mal à recouvrir une balle. C’est une faiblesse qui pourrait lui coûter cher en simple.

Et au niveau de la relation entre les joueurs ?

Le monde du double est un peu plus détendu. Même si on joue gros, il y a moins de pression, même sur le terrain.

En 2016, il y a les Jeux Olympiques à Rio, est-ce un de tes objectifs ?

Ça fait partie des choses qui sont entrées en ligne de mire cette année après ma finale à l’Open d’Australie et ma victoire à l’US Open. Avec Nico, on a maintenant cet objectif et on a six mois pour gagner un max de points et mériter notre place.

En simple, tu fais très souvent service-volée. C’est une espèce en voie de disparation. Penses-tu que cela peut redevenir à la mode ?

Ça va être difficile que cela redevienne complètement à la mode étant donné les conditions de jeu maintenant, avec des surfaces de plus en plus lentes. Tout va dépendre des conditions. Si on accélère les surfaces, les joueurs monteront de plus en plus au filet.”

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