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Michaël Llodra : « Les joueurs que je n’aimais pas, je planquais leurs sacs dans les vestiaires »

Michaël Llodra : « Les joueurs que je n’aimais pas, je planquais leurs sacs dans les vestiaires »

Michaël Llodra
Michaël Llodra nous a accordé un entretien excellent (Crédit Panoramic).

Michaël Llodra a officialisé, jeudi 5 novembre 2015, à 35 ans, la fin de sa carrière à l’occasion d’une conférence de presse au Masters 1000 de Paris. Le Parisien espérait faire une année de plus sur le circuit en double mais une blessure récalcitrante au coude a modifié ses projets.

Avec 5 titres en simple (21e mondial à son meilleur classement en mai 2011) et surtout 26 titres en double (3e mondial en novembre 2011) dont 3 Grands Chelems (Open d’Australie 2003 et 2004 avec Fabrice Santoro et Wimbledon 2007 avec Arnaud Clément), trois Masters 1000, le Masters en 2005, et la médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Londres en 2012 avec Jo-Wilfried Tsonga, Mika raccroche les raquettes avec un palmarès bien rempli.

Quelques minutes après son annonce, Llodra a accepté de répondre aux questions de Tennis Legend. Une interview croustillante dans laquelle le néo-retraité raconte quelques anecdotes savoureuses.

“Quel est le meilleur souvenir de ta carrière ?

C’est dur d’en détacher un mais je dirais ma victoire en double à Wimbledon avec Arnaud Clément en 2007.

Le plus mauvais souvenir de ta carrière ?

(Il réfléchit) La défaite à Belgrade contre la Serbie en finale de la Coupe Davis (2010).

Est-ce que tu as un ou des regrets sur ta carrière ?

Quand on perd, il y a forcément toujours des petits regrets mais on ne peut pas changer le passé. On aurait pu préparer certaines choses différemment mais l’histoire devait être écrite comme ça.

Tu te retires officiellement du circuit, es-tu heureux de ta carrière ?

Oui, très très heureux. J’ai eu la chance de pouvoir vivre de ma passion, de jouer sur des grands courts, de jouer la Coupe Davis, de jouer une trentaine de rencontres pour l’équipe de France, de remporter une médaille olympique (L’argent en double aux JO de Londres avec Jo-Wilfried Tsonga), j’ai vécu des choses incroyables.

La première grande émotion de ta carrière ?

Mon deuxième Roland Garros (en 2001), cela restera un grand souvenir. J’avais perdu en cinq sets sur Bruguera, un ancien vainqueur. J’ai mené 2 sets 0 et j’avais perdu 6/3 au cinquième. C’était ma première grande émotion en tant que joueur sur un gros court.

“J’ai joué à un niveau ce jour-là, c’était grotesque”

Quel souvenir gardes-tu de ton premier match dans un grand tableau d’un tournoi ATP ? C’était à l’Open d’Australie 2000 contre Gaston Gaudio (61e mondial).

Je me souviens, je m’étais qualifié et j’avais battu Gaudio au premier tour. Le terrain allait super vite et je lui avais mis une branlée je crois. 6/3, 6/3, 6/2, un truc comme ça. J’avais fait un gros match.

Quelle est la rencontre où tu as produit ton meilleur tennis ?

Contre Marat Safin à Saint-Pétersbourg (en 2004). Il venait de gagner le Masters Series de Madrid, je le joue en quarts et je lui mets 6/4, 6/1. J’ai joué à un niveau ce jour-là, c’était grotesque. Et derrière, il remportait Bercy la semaine suivante. J’avais fait un match, c’était débile. J’étais sorti, il m’avait dit : « Mais ce n’est pas possible ça ».

Quelle est la plus belle ambiance que tu aies connue ?

En Espagne, à Cordoba (Cordoue en français), en demi-finales de la Coupe Davis (2011). On était menés 2-0 et, avec Jo, on avait joué contre Verdasco/Lopez dans une arène avec 13.000 spectateurs. Ça résonnait, il faisait une chaleur incroyable, et c’était une très grosse ambiance. Après, il y a eu aussi Belgrade ou Bercy, quand j’ai joué Djokovic (en 2010). C’était grand.

L’ambiance lors de la victoire de Nadal sur Tsonga le dimanche :

“Wimbledon, c’est le tournoi le plus mythique mais ils ont des arbitres de merde”

Ton tournoi préféré ?

Wimbledon. C’est le tournoi le plus mythique sur une surface que l’on n’a pas l’habitude de côtoyer. Un tournoi fabuleux, super bien organisé, avec des infrastructures de dingue. Par contre, il y a juste un truc, ils ont des arbitres de merde. Ils ne voient rien. Les arbitres de la LTA (La Lawn Tennis Association, la fédération britannique), c’est catastrophique.

Avais-tu un tournoi un peu maudit ?

Il y a un tournoi que j’adorais, c’était Indian Wells mais c’était tellement lent, ça volait, que j’étais complètement nul là-bas. Effroyable.

L’adversaire dans ta carrière qui t’a le plus impressionné et pourquoi ?

Rafa Nadal. Le mec, il est capable de gagner Roland Garros pour la 6e, 7e fois le dimanche et le lundi, il tape déjà au Queen’s. C’est une force mentale pffff. J’ai un énorme respect pour Rafa.

Le joueur que tu détestais jouer et pourquoi ?

Murray, putain. Dur à jouer. Il retourne tout le temps, il te fait voyager, il est très pénible.

“Les joueurs que je n’aimais pas, je prenais leurs sacs et je les planquais à l’autre bout du vestiaire.”

La chose la plus folle que tu aies faite sur le circuit ?

Dur de le dire, j’en ai fait tellement des conneries. Les joueurs que je n’aimais pas, je prenais leurs sacs et je les planquais à l’autre bout du vestiaire. Ils le cherchaient pendant une demi-heure. Ça m’est arrivé plein de fois ça.

Tu n’aimais pas qui ?

Je n’aimais pas Coria. Je le détestais.

Il y a la fameuse histoire avec Ivan Ljubivic où il t’a retrouvé nu dans son casier en 2005 au tournoi de Key Biscayne.

Oui, je m’étais fait un petit pari avec Arnaud Clément que je pouvais rentrer dans le casier d’un vestiaire. Il m’a enfermé, il m’a poussé, et c’était dans le casier de Ljubicic. Quand il a ouvert, il m’a dit « Mais comment tu as fait pour rentrer ? » (NDLR : D’après les articles de presse de l’époque, Mika lui aurait dit pour se justifier : « J’essaie de prendre une part de ton énergie positive ».)

“Avec Federer, on a fait les quatre cents coups.”

As-tu d’autres anecdotes à nous raconter ?

Plusieurs fois à Roland Garros, on a fait des bagarres de shampoing avec Roger (Federer), on prenait tout ce qu’on trouvait.

Il est comme ça Federer ?

Oui, je le connais bien. On a fait les quatre cents coups ensemble quand on était jeunes. On prenait les savons, on se les balançait. Sinon, les serviettes mouillées, j’attendais, je me cachais, et bam. C’est des petits trucs sympas avec le Rodge.

Dans ton bouquin (Jeu, set et cash, qui sortira le 26 novembre), tu balances du croustillant ?

Oui, mais je ne vais pas tout te dire sinon tu ne vas pas l’acheter (sourire). Je t’en ai déjà dit pas mal en plus.”

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