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Les coulisses du circuit ATP : Interview de Nicola Arzani, l’homme qui fait le lien entre les médias et les joueurs

Les coulisses du circuit ATP : Interview de Nicola Arzani, l’homme qui fait le lien entre les médias et les joueurs

Nicola Arzani au BNP Paribas Masters 2014.
Nicola Arzani au BNP Paribas Masters 2014.

Nicola Arzani est un maillon essentiel de l’ATP. L’Italien, qui a fait toute sa carrière au sein de l’Association des joueurs de tennis professionnels, est le vice-président des relations publiques et du marketing. Sur tous les tournois du circuit, il est en charge, avec son équipe, de faire lien entre les joueurs et les différents acteurs (médias, sponsors, fans…) présents sur les événements et son objectif est simple : promouvoir le tennis.

Lors du BNP Paribas Masters 2014 ou Masters 1000 de Paris-Bercy pour les puristes, Tennis Legend s’est entretenu longuement avec Nicola Arzani. L’occasion de s’immiscer dans les coulisses du circuit ATP et de découvrir le travail d’une des personnes importantes dans le milieu du tennis.

“Quel a été ton parcours pour devenir vice-président des relations publiques et du marketing à l’ATP ?

J’ai commencé à travailler pour l’ATP en 1993, à 24 ans, au sein du département communication. Ce fut mon premier travaille à plein temps. Avant, j’étudiais et j’étais pigiste pour des médias en Italie. J’avais voyagé sur quelques tournois et j’avais commencé à connaître un peu la famille du tennis. Le travail a vraiment évolué au fil des années et j’ai eu la chance et la possibilité de pouvoir progresser au sein de la hiérarchie de l’équipe.

“On essaye de générer le maximum de publicités positives pour le tennis”

En quoi consiste précisément ton travail ?

Je suis responsable de la coordination des relations publiques, des relations entre les joueurs et la presse, entre les joueurs et les tournois. On essaye de coordonner tout ce que les joueurs font en dehors de leurs matches pour la promotion du tennis et on essaye de générer le maximum de publicités positives pour les tournois, les joueurs, l’ATP, et au final le tennis.

Le travail est beaucoup plus intéressant aujourd’hui par rapport à il y a 20 ans où on s’occupait simplement des infos pour les médias, des conférences de presse. On a vraiment agrandi les responsabilités du département. On fait beaucoup plus de marketing et on est dans l’entertainment (le divertissement). Chaque année, on essaye d’améliorer le plus possible les relations entre les joueurs, le tournoi, la presse et les fans évidemment car c’est grâce à eux que l’on peut continuer à augmenter notre visibilité à travers le monde.

Sur quels tournois es-tu présent ?

J’ai une équipe de 7/8 personnes donc on est sur tous les tournois ATP et du Grand Chelem. On ne couvre pas la Coupe Davis car ce sont les fédérations nationales et la fédération internationale qui s’en occupent. Moi, j’essaye d’avoir une certaine continuité de tournoi à tournoi, là où il y a les meilleurs joueurs et le plus de visibilité sur le circuit. Sur les tournois du Grand Chelem, je suis le représentant ATP donc je travaille avec la Fédération Internationale ou avec le club dans le cas de Wimbledon et j’aide à la coordination avec les joueurs. Je fais aussi la plupart des Masters 1000 et quelques autres tournois. Je dois également passer pas mal de temps au bureau pour faire un planning, pour essayer de trouver des opportunités pour les joueurs en dehors des médias sportifs ou de la presse qui suit les tournois. Par exemple, dans les magazines comme Vogue, GQ…

Quelles sont les difficultés que tu rencontres ?

On doit toujours convaincre les médias, les télévisions à s’intéresser à davantage de joueurs et convaincre les joueurs de faire plus. Leur agenda est déjà très plein donc il faut toujours essayer de convaincre les deux parties pour pouvoir réaliser les événements, les interviews, les programmes télévisés, les séances photos que nous souhaitons faire.

La pause vidéo de l’interview : les meilleurs points du BNP Paribas Masters 2012

Un mot : énorme !

Quel est le plus dur à gérer ? Les demandes des médias ou des sponsors ?

(Il réfléchit) Parfois, on a vraiment beaucoup trop de demandes pour un joueur après un événement spécifique ou une victoire importante donc c’est difficile de devoir dire non mais on ne peut malheureusement pas donner à chacun un entretien individuel. C’est pour cela qu’on a les conférences de presse dans le tennis et je pense que c’est un sport unique car chaque athlète, après chaque match, doit se rendre devant les médias donc il répond aux questions de tout le monde.

Dans beaucoup d’autres sports, le perdant ou certains athlètes dans les zones mixtes ne sont pas obligés de s’arrêter devant les médias. Dans le tennis, on est très fier d’avoir cet esprit, cette culture où le joueur doit être disponible pour tout le monde après chaque match. Quelqu’un comme Roger Federer qui joue 80 matches par an, on ne peut pas répondre « oui » à toutes les demandes d’interview en tête-à-tête mais il fait 80 conférences de presse dans l’année. C’est quand même énorme.

« Chaque joueur doit donner 2h de son temps pour la promotion du tournoi »

Les joueurs ont des obligations mais est-ce difficile de trouver le bon dosage pour ne pas trop les déranger pendant le tournoi ?

On essaye de faire le maximum avant qu’ils entrent en lice. Parfois, c’est difficile quand les tournois s’enchaînent. Federer, par exemple, il est en train de disputer la finale à Bâle (Interview réalisée dimanche 26 octobre) puis il doit voyager et être prêt à jouer le mercredi. On veut qu’il soit au meilleur de sa forme car le plus important, c’est qu’il soit performant pour le public et pour le tournoi donc on ne peut pas avoir un agenda chargé pour lui et l’empêcher d’avoir une bonne préparation pour le tournoi. On a l’habitude de ça, on s’adapte.

En plus de la particularité spécifique du tennis où il y a une conférence de presse après chaque match, dans chaque tournoi, un joueur doit donner jusqu’à deux heures de son temps pour aider la promotion du tournoi et du tennis dans la ville.

Chaque joueur ou les meilleurs ?

Chaque joueur de double et de simple. On a plein d’activités et on a besoin de beaucoup de participants.

Au fil du temps, es-tu devenu ami avec certains joueurs ?

Je ne dirais pas ami car on a une relation professionnelle mais avec pas mal de joueurs, on s’entend bien. On parle de choses et d’autres, pas seulement de tennis. Ce sont des athlètes qui ont un bon esprit en général, avec qui il nous est facile d’échanger au-delà de ce qu’on doit faire pour notre travail.

Un fou rire avec Goran Ivanisevic en conférence de presse

As-tu des souvenirs marquants ou des anecdotes originales par rapport à ton travail ?

On me demande souvent ça mais je n’ai pas une bonne mémoire. Je me rappelle de deux/trois choses. Une fois, avec Goran Ivanisevic à une conférence de presse ici à Bercy, il était parti dans un fou rire à cause d’une question et il m’avait entraîné. Je ne pouvais plus regarder personne en face. Il n’arrivait plus à répondre aux questions et je n’arrivais plus à gérer la conférence de presse. J’avais les larmes aux yeux. Je ne sais pas comment on a réussi à continuer.

Parfois, après un grand événement comme Wimbledon, le lendemain, on organise toujours un petit tour des médias. Il arrive que les joueurs aient fait la fête la veille (rire) et quand ils me voient le matin, ils n’ont pas l’air très contents de devoir commencer à 6/7 heures du matin à faire des interviews mais ils rentrent dans le rythme rapidement.

As-tu joué au tennis ?

J’ai joué et je joue toujours dans mon club depuis que j’ai 7 ans. J’ai eu un bon niveau de club mais pas plus. Je ne sais pas à quoi ça pourrait correspondre en France. Je n’ai jamais trop compris les classements 15, 30 etc. Malheureusement, je n’ai pas beaucoup joué ces deux dernières années mais je veux reprendre en 2015 car j’ai un peu perdu le rythme avec tous les voyages, les engagements. Il faut que je commence à voyager avec une raquette pour essayer de jouer sur les tournois car je n’ai pas beaucoup de temps à Monaco quand je rentre. Dans le passé, j’ai tapé quelques balles avec des joueurs mais je n’oserais pas maintenant car je suis un peu hors de forme.”

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