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Immersion dans le groupe France avec le sparring-partner Grégoire Jacq (Finale Fed Cup 2016)

Immersion dans le groupe France avec le sparring-partner Grégoire Jacq (Finale Fed Cup 2016)

Le Tennis Legender Grégoire Jacq.
Le Tennis Legender Grégoire Jacq.

Pour la finale de la Fed Cup 2016 face à la République tchèque, l’équipe de France a accueilli un nouveau venu dans son groupe : Grégoire Jacq, 24 ans, gaucher, 367e mondial (n°45 français). Son rôle ? Jouer comme Petra Kvitova, la gauchère tchèque. Le natif de Clermont-Ferrand fait, en effet, partie des deux sparring-partners retenus pour préparer la rencontre et il a accepté de nous raconter, après les deux premiers simples (un partout), sa première expérience au cœur des Bleues. Interview de légende.

« Comment as-tu été choisi pour faire sparring-partner ?

– C’est Mathieu Rodrigues (Ndrl : l’autre sparring-partner) qui a filé mon numéro à Mauresmo. Deux mois avant la finale, j’ai reçu un coup de fil d’Amélie pour me demander si ça me branchait car Kvitova et Safarova sont gauchères. Elle cherchait donc un gaucher et j’ai accepté assez rapidement.

Pour cette première fois en équipe de France, comment ton intégration s’est-elle passée ?

– Génial ! Je ne pouvais pas espérer mieux. L’intégration s’est faite hyper facilement. Ça fait dix jours qu’on est vingt-quatre heures sur vingt-quatre ensemble. C’est une famille et cela se ressent énormément sur le court. Il y a une énergie qui se dégage entre nous. On a juste à se regarder pour s’encourager. Quand les joueuses ont besoin d’aide, elles regardent sur le côté et on est tous là comme des dingues. Et puis au cœur des dix jours, il se passe tellement de choses : les entraînements, les repas, les petites animations, les cinémas… Du coup, au bout de dix jours, on crée des liens entre nous et tu t’attaches forcément.

Le sparring fait donc partie intégrante de l’équipe de France.

– Totalement ! Chacun a son rôle. On fait autant partie de l’équipe que les kinés, que les « docs », que tout le monde quoi.

“Je me suis fait retourner ma chambre comme jamais.”

Quand on arrive pour la première fois en équipe de France, il y a la tradition du bizutage. Raconte-nous !

– Je me suis fait retourner ma chambre comme jamais. Je suis arrivé, j’ai vu du PQ sur la poignée avec écrit « Surprise ! ». Il y avait écrit « Bienvenue » au dentifrice sur le miroir, le matelas était au bout du couloir. Tout était retourné, ma valise était renversé, il y avait de la mousse à raser partout, des cotons-tiges plantés dans la mousse à raser, enfin un sacré bordel. Au bout d’une heure et demie, je n’ai même pas réussi à tout nettoyer correctement. C’était injouable. Du coup, j’ai laissé un petit mot à la femme de ménage en lui disant : « Je suis désolé, je me suis fait bizuter. ». J’ai les ongles bleu, blanc, rouge aussi. Normalement, il y a un discours à faire pour la première fois mais il n’y en a pas eu cette fois car il y a eu un hommage à Patrick, le kiné qui est décédé (Ndlr : Bordier, lors des Jeux Olympiques de Rio) A la place, j’ai fait un sketch avec le groupe. Bref, on m’a un petit peu bizuté mais c’est bon esprit.

Y a-t-il des règles de vie précises à respecter dans le groupe ?

– Oui, il y a des petites règles. Amélie est allergique aux retards. Elle ne supporte pas les gens en retard, donc la règle principale est la ponctualité. Quand tu as une minute de retard, tu payes 10 euros d’amende. Donc quand tu as rendez-vous à 11h30, à 11h22, tu es en bas et tu attends. Tu ne t’amuses pas à viser une arrivée à 29, sachant que l’ascenseur peut avoir un retard, puis tu arrives à 32, et tu dois 20 euros. Finalement, tu es tout le temps en avance (rire). Il fallait aussi qu’on évite les interviews, qu’on évite de faire sortir des informations pendant le stage. C’était un peu secret, on gardait tout à l’intérieur du groupe pour ne pas s’éparpiller. A part ça, il n’y a pas de règles spéciales. C’est très détendu.

Es-tu le seul nouveau dans le groupe pour cette finale ?

– Il y a Michel, qui remplace malheureusement Pat (Ndlr : le kiné décédé). Lui, il n’a rien eu, peut-être parce qu’il est un peu moins jeune que moi (rire). Il n’a rien eu, il est passé à côté du bizutage, et c’est moi qui ait tout pris dans la gueule en conclusion.

“Je devais faire un copier-coller de Kvitova.”

Tu es gaucher, tu devais jouer le rôle de Kvitova pendant la préparation. Avais-tu des consignes précises ?

– C’est très simple, on m’a demandé de faire un copier-coller de Kvitova donc je n’ai pas fait un chop de la semaine, j’ai tout le temps joué tendu à cinquante centimètres du filet, et j’ai essayé de copier ce qu’elle faisait au service. Pour Caro (Ndlr : Garcia, qui a gagné contre la Tchèque), ça s’est super bien passé donc j’étais content. Elle a super bien retourné et on a beaucoup bossé là-dessus. A chaque séance, on faisait au moins vingt minutes de services/retours. Si chacun peut apporter sa petite pierre à l’édifice, tant mieux, et je suis super content que cela serve pour l’équipe.

Quand tu as su que tu allais être sparring, est-ce que l’on t’a demandé d’étudier le jeu de Kvitova ?

– Kvitova, ce n’est quand même pas n’importe qui. Je l’avais déjà vu jouer. On sait qu’elle joue très bien à Wim (Ndlr : Wimbledon), qu’elle a un jeu un peu offensif, donc ça me ressemblait un peu. Amélie était super contente au premier entraînement quand elle a vu que je ne mettais pas beaucoup d’effets en revers. Cela s’est fait naturellement étant donné qu’on a un jeu un peu similaire.

Donc personne ne t’a dit de jouer comme Kvitova ?

– Si, on m’a qu’il fallait éviter de faire des chips et que, plus je jouais tendu, mieux c’était. C’est ce que j’ai fait. J’ai adapté un petit peu mon jeu à celui de Kvitova mais ce n’était pas une révolution. Je ne suis pas un limeur, faire des gros ronds, je ne fais jamais ça, donc l’adaptation n’a pas été très dure.

“Mauresmo est géniale.”

Quelle est la méthode Mauresmo ? Comment est-elle en tant que coach, en tant que capitaine ?

– Franchement, elle est géniale. A la fois, elle est détendue. A la fois, elle pose ses règles. A la fois, elle est très sereine. Tout est hyper bien géré. Elle ne fait pas de discours tous les soirs. Elle a fait un discours le vendredi soir pour nous dire clairement ce qu’elle ressentait. C’est simple, c’est posé, c’est carré et c’est hyper détendu. C’est un juste milieu qui est super agréable quand tu es dans le groupe. Ça t’enlève de la pression, ça te donne du plaisir d’être là, et tu es évidemment concerné par l’événement.

Connaissais-tu déjà les joueuses avant le stage de préparation ?

– Je connaissais « Kiki » (Mladenovic). On était dans la même ligue quand on était jeunes et je connaissais « Mat » (l’autre sparring) car on s’est déjà joués en tournoi.

Il y a d’autres anecdotes à savoir ?

– Si on gagne, il y aura un « DAB » spécial qu’on a travaillé, donc on espère que va le faire. Sinon, l’ambiance est très joyeuse mais il n’y a pas vraiment d’anecdotes particulières.

“Popo est la plus déconneuse.”

Bon, la plus déconneuse, c’est qui ?

– « Popo » (Ndlr : Pauline Parmentier). Popo, elle sourit tout le temps, elle se marre tout le temps. C’est elle qui met le plus la joie de vivre. C’est la plus marrante.

La meneuse ?

– Amélie. Si tu prends les joueuses, il n’y en a pas vraiment.

La plus sérieuse ?

– Elles sont toutes très sérieuses. J’ai été impressionné par leur sérieux que ce soit au niveau de l’alimentation, de la récupération. Je ne pourrais pas en citer une spécialement.

La plus stressée ?

– « Kiki », elle essaye de ne pas trop le montrer, mais je pense que si tu grattes un peu, elle peut être un peu stressée. Après, c’est de la bonne tension. Alizé et Popo, c’est monté un petit peu au fur et à mesure du stage mais ce n’est pas du gros stress. Elles ne se réveillent pas en étant hyper fermées, elles sont toujours souriantes.

“J’ai l’impression d’être sur le Tour de France dans le Galibier.”

Et toi, en regardant les matches sans pouvoir être acteur la raquette en main, tu l’as géré comment le stress ?

– Nous, on est comme des dingues. Quand tu es sur le bord du court, tu ne calcules plus, tu hurles à chaque point. On essaye de glisser des mots. J’ai l’impression d’être sur le Tour de France dans le Galibier. Dans les montées, les mecs passent à deux à l’heure et tu hurles. A chaque changement de côté, c’est ça. On se donne à fond et on voit ce que ça donne à la fin.

Alors, tu as fini rincé après la première journée ?

– Hier, j’étais complètement rincé. A 21h12, j’étais au lit. Rideau. A demain. J’étais fracassé. Forcément, tu n’as plus d’énergie, tu prends un maximum d’émotions dans la tronche. C’est dur !

Avais-tu déjà fait sparring dans d’autres tournois ?

– J’ai fait sparring à Roland mais cela n’avait rien à voir. C’est complètement différent. Il n’y rien d’intime entre guillemets. A Roland, tu tapes une heure, le mec ou la nana te dit à peine bonjour. En Fed Cup, tu as vraiment le sentiment d’aider. »

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