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Grégoire Barrere : “En Géorgie, j’avais l’impression que le mec allait me tuer”

Grégoire Barrere : “En Géorgie, j’avais l’impression que le mec allait me tuer”

Grégoire Barrere
Grégoire Barrere est revenu vivant de Géorgie.

Habitué à évoluer sur les tournois Futures et Challengers, le Français Grégoire Barrere, 22 ans, 242e mondial, va vivre une expérience unique au premier tour de Roland Garros 2016. Bénéficiaire d’une wild-card, le joueur originaire de la région parisienne va disputer son premier tournoi ATP (dans un grand tableau), son premier tournoi du Grand Chelem, et il va affronter pour la première fois de sa carrière un membre du Top 20. En effet, pour son baptême du feu, le tirage au sort lui a réservé un match avec le Belge David Goffin, 13e au classement ATP. Avant le début du tournoi, Tennis Legend s’est entretenu avec le jeune Tricolore qui nous a raconté quelques anecdotes amusantes.

« J’avais l’impression que le mec allait me tuer »

«  Quel est le pire tournoi Future ou Challenger auquel tu ais participé ?

– J’ai fait deux Futures en Géorgie et, franchement, je n’étais pas serein là-bas. J’avais vraiment peur qu’il se passe quelque chose. Je suis arrivé à 3h du mat, il n’y avait pas de navette, et j’avais 1h30 de route à faire dans les montagnes. J’ai pris un taxi et j’avais l’impression que le mec allait me tuer à tout moment. Je n’étais vraiment pas bien. Juste avant d’arriver dans la ville, il s’est arrêté en plein milieu de la route et j’ai commencé à vraiment stresser. En fait, il s’arrêtait juste pour aller aux toilettes et cela s’est bien fini. Après, la ville était pourrie, le club et les terrains étaient pourris, l’hôtel n’était pas terrible. On ne pouvait pas manger à midi, on était obligés de manger au kébab car c’était le seul truc d’ouvert. C’était vraiment le pire.

Tu as d’autres anecdotes à nous raconter ?

– Je suis allé au Zimbabwe. Le tournoi était top mais il m’est arrivé une galère de voyage comme cela peut nous arriver souvent. Je devais faire Paris-Amsterdam et Amsterdam-Harare. L’avion de Paris à Amsterdam a eu une heure de retard. Du coup, j’ai loupé ma correspondance. Ils nous ont foutu sur un vol qui nous a amené au Kenya. J’étais avec mon entraîneur, Mathieu Rodrigues à l’époque, et un autre joueur, Enzo Wallart. On est arrivés à 22h. Ils devaient nous payer l’hôtel pour la nuit sauf, qu’en voulant sortir de l’aéroport, ils n’ont pas voulu donner de visa à mon coach car il y avait soi-disant un problème sur son passeport. Du coup, on n’est pas allés à l’hôtel. On a passé la nuit à l’aéroport au Kenya avant de reprendre un vol le lendemain matin. C’était l’enfer, il n’y avait que nous, tout était fermé. On n’avait pas de monnaie locale donc on ne pouvait pas acheter de bouteilles d’eau. C’était assez dur mais les tournois étaient biens.

Quel est, pour le moment, ton meilleur souvenir sur ces tournois ?

– En y repensant, ce sont toutes ces galères aussi. Après coup, ce sont des bons moments. Quand je revois les personnes avec qui j’étais, on en rigole. Après, j’ai vraiment adoré les deux tournois que j’avais fait à Dakar au Sénégal. On était beaucoup de Français et on s’était bien marrés. On avait aussi pris un peu le temps de visiter les petites îles à côté de Dakar.

Le plus dur ? “Ne pas baisser les bras”

Justement, tu voyages à travers le monde, as-tu le temps de faire du tourisme ?

– En général, c’est hôtel et club de tennis et on ne pense pas vraiment à visiter. Et quand on a le temps, cela veut souvent dire qu’on a perdu donc on n’a pas spécialement envie de rester. Sauf sur des longues tournées de trois/quatre semaines où on essaye de prendre un ou deux jours pour s’aérer l’esprit, en général, on ne fait pas de tourisme.

 L'équipement complet de Roger Federer

On évoque souvent les difficultés financières pour les joueurs au-delà de la 200e place du classement ATP, comment fonctionnes-tu actuellement ?

– Maintenant, je suis soutenu par la Fédération Française de tennis. C’est une aide énorme car on ne paye pas grand-chose. Je peux voyager souvent avec mon coach, Jérôme Potier. Sur cette année, je n’ai pas de souci. J’ai quelques contrats et, grâce à la wild-card, je vais gagner en une fois ce que j’ai gagné en deux/trois ans. (Ndlr : Un peu moins de la moitié plus précisément. Grégoire Barrere gagnera au minimum 30.000€ (33.520$) s’il s’incline au premier tour à Roland Garros. Jusqu’à présent, il a gagné 74.859$ sur le circuit.) Après, évidemment, je ne pense pas à cela maintenant, mais ça fait du bien.

Quel est le plus dur dans la vie d’un joueur sur le circuit Challenger ?

– De ne pas baisser les bras. Il y a toujours des périodes difficiles où on ne va pas gagner de match pendant un ou deux mois et, malgré cela, il ne faut rien lâcher, retourner à l’entraînement. De ne pas gagner d’argent, de voir les autres avancer et avoir l’impression de reculer, cela peut être déprimant mais l’entraînement finit toujours par payer et les résultats reviennent.

Un dab pour Tennis Legend ?

Y a-t-il des zones géographiques où le niveau est plus faible ?

– Non, plus maintenant car personne n’a peur de voyager. Avant, plus on s’éloignait de l’Europe, il pouvait y avoir des tournois un peu plus faibles mais ce n’est plus le cas. C’est fort partout.

Entre prendre une des légendes du tennis actuel sur un gros court au premier tour de Roland-Garros ou prendre un joueur beaucoup plus abordable sur un court annexe, tu choisis quoi ? (L’interview a été réalisée avant le tirage au sort)

– Un joueur abordable pour jouer un gros si je gagne. (Ndlr : Le tirage au sort n’a pas exaucé son souhait. Le Français est tombé sur David Goffin, n°13 mondial)

Si tu fais un trick shot ou un point de légende, tu nous fais une petite dédicace ?

– Je regarde la caméra et je fais un “dab”. Vous saurez que c’est pour vous. »

Bonus vidéo : Le coup de fusil de Grégoire Barrere contre David Goffin

Edit : Le Français s’est incliné en trois manches face au Belge.

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