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Fabrice Martin : “En France, le double n’est pas dans les mentalités”

Fabrice Martin : “En France, le double n’est pas dans les mentalités”

Lui, c'est Fabrice Martin.
Lui, c’est Fabrice Martin, spécialiste de double.

En 2016, Fabrice Martin a remporté deux titres (Delray Beach et Chennai) en double sur le circuit ATP et il a également disputé trois autres finales (Vienne, Shenzhen, Stuttgart). Classé 37e mondial de la discipline et 11e à la Race avec son partenaire autrichien Olivier Marach, le natif de Bayonne a une particularité : contrairement à de nombreux joueurs étrangers (les frères Bryan, Jamie Murray, Marc Lopez pour ne citer qu’eux) figurant dans le Top 10, il est actuellement le seul joueur français à être uniquement un spécialiste du double.

En simple, l’imposant tricolore (1m98 pour 100 kg) a atteint la 228e place du classement ATP en juillet 2012 mais il n’a jamais réussi à aller plus haut. Ses résultats en double étant meilleurs, Fabrice Martin a pris la décision en 2015, à 29 ans, de se consacrer uniquement à cette discipline. Un choix payant à tous les niveaux. Sur le plan des résultats, il est passé en deux années de la 144e à la 37e place de la hiérarchie mondiale, il a battu les meilleures paires de la planète, dont les frères Bryan, et il peut désormais prendre part à tous les tournois du circuit. Sur le plan financier, le Français a gagné en l’espace de douze mois, en 2016, la moitié de ce qu’il avait accumulé depuis le début de sa carrière (263.518$ sur 526.204$).

Vaincu, aux côtés de Gilles Simon, par la paire Klizan / Souza (6/4, 6/7, 10-7) au premier tour du Masters 1000 de Paris-Bercy 2016, Fabrice Martin a accepté de répondre aux questions de Tennis Legend après son match. Entretien avec un joueur au profil atypique dans le paysage du tennis hexagonal.

« Tu as été 228e mondial à ton meilleur classement en simple. A quel moment tu t’es dit : « Je ne vais pas arriver à aller plus haut, je vais me focaliser sur le double et tenter ma chance. » ?

– Quand je jouais encore en simple, j’étais très souvent en finale du double dans les Futures ou les Challengers, donc mon classement est monté plus vite en double. A un moment donné, j’étais Top 100 en double et 300 en simple, je voyais que je gagnais plus de matches et que j’étais plus en confiance. Au départ, je voulais continuer le simple aussi mais, sur les 250 (Ndlr : tournoi ATP 250), ils ont fait des qualifs de 16 joueurs. Du coup, je ne rentrais même pas dedans avec mon classement et j’ai fini par le perdre. Après, financièrement, ça a fait la différence aussi. Quand je commençais à rentrer dans les tournois ATP en double et que je passais quelques tours, je gagnais quatre fois plus.

Abandonner ses rêves en simple, est-ce une décision difficile à prendre ou pas ?

– Oui, car tu t’entraînes pour ça depuis tout petit mais j’arrivais à un âge où il fallait que je prenne une décision. Quoiqu’il arrive, je voulais continuer dans le tennis. Je savais que j’étais bon en double, j’ai trouvé ma place, et j’espère faire une belle carrière maintenant.

Est-il plus facile de percer en double ?

– Ce n’est pas plus facile. Depuis les juniors, j’ai un jeu qui s’adapte au double. Après, un mec qui lime du fond sur les Futures, qui est 800 mondial, et qui fait trois volées dans un match en simple, il n’y arrivera jamais.

Au niveau des Français, il n’y a quasiment aucun joueur qui, comme toi, décide d’arrêter le simple pour tenter leur chance en double. Comment expliques-tu cela ?

– C’est une question de mentalité. Dans les Futures ou les Challengers, j’étais quasiment le seul qui jouait les doubles à fond. Pour un Français sur les Futures, le double n’existe pas alors qu’en Angleterre ou aux Etats-Unis, tout le monde joue le double. Pourtant, j’ai progressé sur mon jeu de simple avec le double et je pense que les mecs devraient faire pareil, mais ce n’est pas dans les mentalités ici. En plus, même sur les Futures, il y a quand même de l’argent. Si tu te fais 300€ en gagnant le double, c’est toujours ça de pris.

As-tu changé tes méthodes d’entraînement depuis que tu ne fais que du double ?

– C’est plus spécifique maintenant. Il n’y a plus trop de chichis droite/gauche, je travaille tout le temps le jeu vers l’avant et tu progresses plus rapidement aussi par conséquent.

Avant 2016 où tu as joué quasiment toute la saison avec l’Autrichien Olivier Marach sauf les Masters 1000, tu as énormément changé de partenaire ces dernières années. N’est-ce pas trop dur au niveau des automatismes ?

– Là, j’ai joué avec Gilles (Ndlr : Il a joué avec Simon à Bercy. Avec Olivier Marach, leur classement ne leur permet pas de rentrer directement dans le tableau des Masters 1000. Ils tentent donc d’y participer chacun de leur côté en trouvant un partenaire une semaine à l’avance) mais ça faisait un moment que je n’avais pas changé. C’est sûr que dans les moments chauds, tu as des repères. Tu sais s’il va y aller, si c’est à toi de la prendre. Ça aide de jouer toute l’année avec le même mec.

Une grande majorité des passionnés de tennis en France ne doivent pas te connaître. Tu es pourtant 11e à la Race en 2016 et tu es le cinquième joueur français (Il était le quatrième au moment de l’interview) au classement du double, derrière Mahut, Herbert, Roger-Vasselin et Benneteau. Quels sont tes objectifs maintenant ?

– Depuis que je me suis installé en double, j’ai battu tous les mecs dans le Top 10 à part Pierre-Hugues et Nico (Herbert et Mahut, les n°1 mondiaux), donc je pense que j’ai ma place dans ce Top 10. Je vais bosser pour y arriver et faire une petite carrière en double.

La balle de titre contre les frères Bryan au tournoi de Delray Beach :

On peut durer un peu plus longtemps aussi dans le double.

– Oui, on peut si on s’entretient bien. Certes, il y a moins d’efforts, de déplacements et d’endurance, mais les mecs s’entretiennent très sérieusement. Ils ne prennent peut-être pas un entraîneur mais ils ont un kiné toute l’année, un préparateur physique.

Tu as une structure de la sorte ?

– Non, mais je vais m’y mettre. Si je suis encore à ce niveau dix ans, cela vaut le coup.

Seras-tu toujours associé avec Olivier Marach la saison prochaine ?

– Oui, on ne savait pas trop en cette fin d’année, puis on a fait finale à Vienne donc on va continuer.

Si tu veux changer de partenaire,  tu tâtes un peu à droite à gauche pour savoir qui est disponible ? 

– Oui, cela se fait à peu près au niveau de l’US Open. Les mecs commencent à chercher s’ils savent qu’ils ne font pas continuer avec leur partenaire.”

Pour conclure, les risques du métier :

When you hit the #bullseye like… (CC: @NaomiBroady & @FabMartin86) #TGIF #oops #laughitoff #NaomiBroady #FabriceMartin #MylanWTT #mixeddoubles

Une vidéo publiée par Mylan World TeamTennis (@worldteamtennis) le

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